Samedi 18 août 2007
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23:05
Bon. Je pars demain aux aurores pour le soi-disant pays du soleil, j'ai nommé Toulouse, juste au moment où il y pleut. Ironie tragique ou faute à pas de chance, n'empêche que je pars enfin, et que ça risque de me faire du bien d'oublier un peu Paris, si j'y arrive.
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Ils l'ont changé d'hôpital - il est en "soins de suite" maintenant, ça ne veut rien dire, enfin si, c'est censé désigner les soins destinés à le remettre sur pied, métaphore particulièrement adaptée vu qu'il ne tient pas debout. Et le nouvel "hôpital" où il a été placé, je regrette, ce n'est pas un hôpital, c'est un mouroir.
Quand ma grand-mère m'a décrit l'endroit, avec les chambres réparties autour d'une espèce de petit salon, je me suis dit que c'était sympathique. Quand je me suis rendue compte qu'il fallait traverser l'équivalent d'une salle à manger avant d'accéder à ce fameux petit salon qui conduit aux chambres, et quand j'ai découvert les habitants de ces lieux, j'ai juste eu envie de vomir.
Genre nausée subite, la même que quand je vois ces dizaines de cadavres de pigeons écrasés sur la route, en décomposition, une espèce de haut-le-coeur incontrôlable. Les gens, dans cet "hôpital", ce ne sont que des vieux, tous plus ou moins avec un Alzheimer, un Parkinson en plus pour les plus chanceux, la moitié reste au lit toute la journée, l'autre moitié se balade plus ou moins dans les couloirs ou dans ce salon, justement.
En bons Alzheimer, la moitié est agressive, et envoie à la figure de l'autre moitié des propos plutôt désagréables, quand elle n'essaie pas de rentrer dans les chambres, pendant que l'autre moitié reste gâteuse, assis sur les chaises ou les fauteuils, avec la tête pendante, le regard mou, la bave au coin des lèvres, l'esprit dans un autre monde.
Même si la théorie familiale officielle est qu'il ne s'est même pas rendu compte du changement de chambre et a fortiori d'hôpital, je reste persuadée que le mettre dans un tel environnement de cadavres en sursis n'est pas bon pour lui. Même si on pense qu'il ne comprend pas bien ce qui l'entoure, si par malheur il a de temps en temps une phase de consience, en plus de trouver affreux son état actuel, se voir entouré de ce genre de squelettes bavants et inconscients ne peut pas lui faire de bien.
Il leur ressemble tellement.
Par Pattes
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Publié dans : Mon père ma mère mes frères...
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