Comme disait Chamfort, "Pour qu'une liaison d'homme à femme soit vraiment intéressante, il faut qu'il y ait entre eux jouissance, mémoire ou désir." Sa première réaction quand je lui dis qu'il a accepté vraiment facilement d'aller au théâtre avec moi, c'est "Il est amoureux de toi". Elle a toujours vu les choses comme ça, depuis que le la connais. Comme si les rapports humains n'étaient qu'une affaire de désir pris en compte plus ou moins consciemment et à réaliser. Comme s'il était inenvisageable d'entretenir une relation saine avec quelqu'un, fondée uniquement sur des intérêts communs, voire une envie, un besoin communs de construire quelque chose.
J'ai toujours eu tendance à voir les choses "purement", simplement. Je sais que tout se joue "dans le nez : buée, fumée, rosée, ondes, particules, répulsions ou attractions invisibles, odeurs en creux, narines et limailles de l'air", que les "sympathies d'épiderme", intuitives, sont liées à tout ce qu'on ne voit pas, à ces molécules échangées en secret. Mais je n'ai jamais cru que tout se résumait à l'action ou l'inaction à partir de ces désirs inconscients et masqués, "to act upon" (ou non) de telles sensations, aperceptions... Pourquoi ne pourrait-on pas agir sans arrière-pensée, juste pour le plaisir de la chose, en toute innocence, en toute naïveté?
"Du bout de ses doigts, M. Lanval dessinait les volutes de la gaieté."

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